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Dame De Fer : Voici Le Parcours De La Première Femme Architecte En République De Guinée

Première femme architecte de la République de Guinée, fondatrice du cabinet Archi Plus, ancienne Présidente de l’Ordre National des Architectes de Guinée LONAG, Mme Fatoumata Barry parle de son brillant parcours dans la rubrique Dame de Fer. Bonne lecture !

Actualitefeminine : Bonjour madame, présentez-vous s’il vous plait

Mme Barry : je m’appelle Fatoumata Barry, architecte de profession, je suis née à Mamou le 23 septembre 1954, je suis veuve et mère d’un enfant.

Actualitefeminine : Parlez-nous de votre parcours professionnel ?

Mme Barry : J’ai passé mon enfance entre Mamou, Kankan, N’Zérékoré et Conakry parce qu’en tant que fille de fonctionnaire, mon père était médecin. Il a aussi fait de la politique car il a été gouverneur, ministre délégué au temps du Président Sékou Touré. J’ai commencé l’école primaire à Kankan, j’ai fait une partie à N’Zérékoré, après nous sommes revenu à Conakry où j’ai fait le secondaire à l’école du centre d’abord, puis le collège du 2 octobre à Kaloum.  J’ai eu la chance de bénéficier d’une bourse d’étude en 1973 après le passage de Fidel Castro. Ils ont envoyé un bon nombre d’étudiants dans toutes les branches à la Havane. Je figurais parmi le groupe qui devait faire de l’architecture. C’est ainsi que la première année nous avons fait la langue espagnole que je parle couramment et les cinq années universitaires en architecture. Au retour, mon premier stage je l’ai fait à Kamsar lors de l’extension de la cité de Kamsar, les maisons qu’on appelle Y.  Après, le ministère de l’habitat a demandé aux ingénieurs et architectes de rejoindre le département, c’est là que je me suis  retrouvée donc au ministère de l’urbanisme et de l’habitat où j’ai gravi les échelons. J’ai dirigé la division urbanisme opérationnel et espace vert, J’ai été la directrice nationale adjointe de l’architecture et de la construction, j’ai été conseillère en économie urbaine auprès du ministre Foromo à l’époque. Mon dernier poste c’est inspectrice générale adjointe. J’ai été aussi membre du Conseil National de Transition de 2010 à 2013 au compte de la société civile en tant que membre de l’ordre des architectes. Personnellement j’ai fait partie de la commission constitutionnelle, qui s’occupait de la révision de notre constitution qui est en cours en ce moment. A partir de 2013, j’ai préféré me lancer dans l’entreprenariat. Je suis aussi membre de l’association des femmes ingénieurs qui renferme des femmes qui évoluent dans la communication, les TP, Génie-civile bâtiment l’architecture etc. je suis la première architecte guinéenne, car c’est depuis fin 1979 que je suis rentrée de Cuba et là il n’y avait que des ingénieurs, donc femme architecte j’ai été la première.

Actualitefeminine : Parlez-nous de votre cabinet

Mme Barry : En 2013 donc j’ai eu mon agrément avec M. Mathurin Bangoura qui était ministre à l’époque et mon cabinet Archi Plus est devenu fonctionnel. J’ai une équipe professionnelle composée d’architectes et d’ingénieurs, j’ai quelques stagiaires avec moi. L’architecture c’est l’œuvre de concevoir que ça soit les bâtiments, les bateaux et même les lits. Dans notre cabinet, nous concevons des projets d’architecture ou d’urbanisme, aménagement de zone et nous suivons la réalisation pour que les plans que nous faisons soient respectés. Nous réalisons actuellement un immeuble qui en face du ministère des mines, le projet avec les marocains pour les logements sociaux à Coléah dans la cité douane, en ce moment il y’ a quatre immeubles R+8, il y’ a une autre cité économique et de haut standing du côté de Dubréka, le promoteur veut réaliser et vendre les logements.

Acutalitefeminine : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Mme Barry : Je n’ai pas eu d’appui financier pour créer mon cabinet, mais si on reconnait tes compétences, naturellement les gens iront vers toi. Le projet des marocains a été un ouf de soulagement pour moi. Antérieurement je faisais de petits projets pour des commerçants. J’ai fait plusieurs immeubles à Madina comme l’immeuble Fatako, même s’il n’a pas réussi comme je l’avais conçu.

Acutalitefeminine : Vous étiez aussi la Présidente de l’Ordre des Architectes de Guinée, brièvement quel a été votre bilan ?

Mme Barry : L’objectif c’est de faire la promotion de la profession dans le pays, de soutenir les architectes tout en les amenant à respecter la déontologie Alors de 2016 à 2018 j’ai été la Présidente de l’ONAG. Durant ce mandat, on a réussi à mettre une structure administrative en place, on a trouvé un siège, on a créé un site pour pouvoir communiquer entre architectes d’ici et d’ailleurs. Nous avons réussi à être en contact avec l’union des architectes africains et l’union internationale des architectes, il y’a aussi une fédération des architectes francophones d’Afrique. On a eu le temps de prendre notre bâton de pèlerin et faire le tour de tous les départements pour leur faire comprendre ce que c’est que l’architecte car en général il est considéré comme un simple dessinateur. Il y’a un article du code de la construction qui parle de l’implication de l’architecte dans tous projets construction, donc qu’ils ne fassent pas comme certains qui travaillent directement avec des maitres maçons, il faut que le bâtiment soit conçu avant et que la réalisation soit suivie par l’architecte, on a essayé de faire comprendre cela au niveau de tous les départements ministériels et quelques institutions, de ne pas faire des marchés de gré à gré, mais surtout ne pas donner les marchés aux architectes étrangers alors qu’il y’en a en Guinée qui peuvent concevoir comme ceux-ci. On a créé aussi un compte qui a permis de cotiser et de faire face aux velléités du ceux qui se font appeler architectes, alors qu’ils ne le sont pas et nous avons eu à attaquer certains à travers un avocat.

Actualitefeminine : Sachant que l’architecture c’est sur le terrain, comment avez-vous jumelé ce métier au foyer ?

Mme Barry : Ce n’est pas du tout facile, parfois un chantier on est obligé de travailler tard la nuit et c’était gênant avec le ménage. Mais j’ai eu un mari compréhensif paix à son âme, qui m’a vraiment soutenu et qui a compris mon engagement et qui avait confiance Ce qui a facilité mon travail et mes déplacements hors de la Guinée. C’est un travail d’équipe et il ne faut pas se rendre indispensable, c’est important de communiquer et faire comprendre à ses collaborateurs, les aspects qu’ils peuvent ne pas comprendre pour qu’à votre absence, qu’ils continuent le travail. Avec les maris il faut communiquer, qu’il comprenne ton travail et qu’il voit lui-même le résultat sur le terrain, c’est une fierté pour lui. Parfois j’allais sur le terrain avec mon fils.

Acutalitefeminine : Votre mot de la fin ?

Mme Barry : Je remercie le bon Dieu de m’avoir donné des parents formidables, un mari merveilleux, une famille qui m’a accompagné et soutenu et qui a fait de moi ce que je suis. Je prie Dieu qu’on ait la paix dans ce pays.

Source :actualitefeminine.com

Interview réalisée par Hasso Bah 623125203

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@inspirateur_du_monde

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